VIDÉO - PANIQUE DANS DES ÉCOLES APRÈS UNE RUMEUR DE VACCINATION FORCÉE

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RD CONGO

À Bukavu, en République démocratique du Congo (RDC), les parents se sont précipités à l’école pour chercher leurs enfants le matin du 25 février. La rumeur d’une vaccination obligatoire contre le Covid-19 organisée à l’école avait provoqué un mouvement de panique. Rapidement démentie par les autorités, la rumeur est, selon nos Observateurs, symptomatique d’une forte défiance envers le vaccin contre le Covid-19 en RDC.

Une fausse information a généré une pagaille bien réelle dans plusieurs écoles de Bukavu. Une vidéo transmise à la rédaction des Observateurs et publiée sur Facebook le 25 février montre élèves et parents courir en tous sens dans la cour de l’école primaire de l’institut Kasali, le matin-même.

Les mêmes scènes chaotiques ont été observées dans plusieurs écoles de la ville, dont l’institut Kasali. La rumeur a été rapidement démentie par les écoles et les autorités sanitaires, selon le média de vérification congolais Congo Check. Le docteur Claude Bahizire, chargé de communication à la Division provinciale de la santé (DPS), a affirmé le jour-même au micro Mama radio qu’aucune campagne de vaccination contre le Covid-19 n’avait été annoncée dans le Sud-Kivu.

"Il n’y avait pas moyen de continuer les cours, c’était la débandade"

La rédaction des Observateurs a contacté Gilles Kabungulu, enseignant à l’institut Kasali. Il raconte une matinée de désordre dans son établissement : « Jeudi dès 8 h, il y avait déjà une douzaine de parents près de la grille qui demandaient à récupérer leurs enfants. Ils disaient que des vaccinateurs étaient arrivés et allaient forcer leurs enfants à se faire vacciner contre le Covid-19. Nous les avons rassurés en disant qu’il n’y aurait pas de vaccination, et que nous n’avions eu aucune information des autorités concernant un vaccin contre le Covid-19. Mais vers 9-10 h, une masse de parents ont forcé le portail et envahi l’école pour reprendre leurs enfants. Nous étions obligés de faire sortir les élèves car il n’y avait pas moyen de continuer les cours, c’était la débandade. »

L’enseignant insiste que la vaccination dans les écoles ne se fait jamais sans l’accord des parents : « Pour les campagnes de vaccination, par exemple contre la rougeole ou la polio, nous devons d’abord écrire un mot pour les parents dans le cahier de correspondance des élèves. Seuls les enfants dont les parents ont accepté la vaccination reçoivent une piqûre, les autres non. »

Il déplore la forte défiance envers la vaccination qui se cache derrière ce mouvement de panique : « Ce sont des on-dit. Avec le Covid-19, tout le monde a peur. Les gens ont particulièrement peur des vaccins, ils disent qu’ils vont les contaminer. Dans les classes, nous disons aux enfants de ne pas avoir peur des vaccins. »

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