RECOUVREMENT DES IMPÔTS AU SÉNÉGAL : L’EFFICIENCE D’UNE MÉTHODE EN QUESTIONS

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ÉCONOMIE

Le Sénégal peut beaucoup mieux faire en matière de mobilisation des recettes fiscales. La dernière étude produite par la Direction de la prévision et des études économiques montre que sur un potentiel estimé à plus de 3 mille milliards de F CFA, pour l’année 2017, soit 25,3% du PIB, les recouvrements n’ont pu atteindre que 1 milliard 845 millions de F CFA, soit une pression fiscale de 15,2 du PIB, rapporte Enquête. Le journal souligne qu’en langage plus clair : « L’Etat aurait pu collecter 1 milliard 234 millions de F CFA de taxes supplémentaires, en 2017, soit une marge de progression de 66,9%, qui représente l’effort fiscal, n’eût été l’inefficience technique. »

« Les revenus fiscaux représentent environ 60% du total des recettes budgétaires », conclut en effet l’étude. Laquelle relève qu’au Sénégal que la logique qui voudrait que les plus riches paient plus que les plus pauvres, n’est pas respectée. C’est bien le contraire : « La répartition de la structure des ressources fiscales montre une certaine dépendance par rapport à la fiscalité intérieure des biens et services qui représente plus de 50% alors que la part des prélèvements sur les revenus, bénéfices et salaires reste relativement modeste, environ 27%. »

Parmi les efforts à faire, l’étude indexe le déficit de ressources humaines et la nature informelle de l’économie. « Ce secteur emploie plus de 2 millions de personnes, soit 48,8% de la population active occupée et sa valeur ajoutée est estimée à 41,6% du PIB. » Le manque à gagner en matière de fiscalité imputable au secteur informel est considérable, font remarquer les auditeurs. Le rythme « exponentiel » des dépenses fiscales est aussi à corriger, selon l’étude, qui souligne : « Par dépenses fiscales, il faut non seulement entendre les exonérations au profit de certaines entreprises mais aussi les renonciations d’impôts par l’Etat dont l’objectif est d’alléger le coût de la vie aux populations. Aussi, même pour les exonérations des entreprises, parfois, c’est pour les pousser à investir et à employer des gens. Toute dépense fiscale n’est donc pas mauvaise. Il faut raisonner au cas par cas et encadrer davantage l’activité de ceux qui en bénéficient. »

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