SUSPENSIONS DE TOUTES LES AUDIENCES DANS LES TRIBUNAUX ET DES VISITES DANS LES PRISONS

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CORONAVIRUS

A partir de lundi, il n’y aura plus d’audience dans l’ensemble des juridictions du Sénégal. L’annonce a été faite par le ministre de la Justice, Me Malick Sall, suite à la décision du président de la République relative à l’interdiction de toutes les manifestations publiques pour éviter la propagation du Coronavirus. Les audiences sont renvoyées pour une durée de trois semaines. En sus, les visites de contact sont également supprimées au niveau des prisons jusqu’à nouvelle date.

Une décision très bien appréciée par le bâtonnier de l’ordre des avocats, Me Pape Leyti Ndiaye, joint au téléphone. Selon lui, les acteurs judiciaires sont aussi des êtres humains qui doivent être protégées. Ainsi, il pense que cette mesure est salutaire. « La décision de suspendre les audiences est judicieuse et salutaire, car à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Le Coronavirus est déroutant et exceptionnel, à la fois, par sa gravité, son ampleur et sa cinétique. Les acteurs de la justice étant des membres à part entière du tissu social, ont à la fois le droit d’être protégés et le devoir de se protéger », a déclaré le bâtonnier, Me Pape Leyti Ndiaye.

Le Bâtonnier souhaite une dérogation pour les procédures urgentes

Le Bâtonnier d’ajouter : « le Barreau du Sénégal adhère sans réserve à la mesure, en émettant simplement le souhait que les procédures urgentes et spéciales, notamment celles afférentes aux référés et aux libertés, reçoivent un traitement dérogatoire de cette mesure à portée générale ». Me Assane Dioma Ndiaye abonde dans le même sens. Il rappelle que, dans la dynamique de l’interdiction des manifestations publiques et même la fermeture des écoles, le tribunal est un lieu d’excellence de rencontres de toutes les couches.

De ce point de vue, le tribunal constitue un risque de contamination très élevé. « C’est une mesure d’autorité et personne n’y peut rien. On ne peut espérer que cela soit salutaire pour la population et tant attendu que la marche d’une population est censuelle à la marche des juridictions. Et, c’est la justice qui est le dernier rempart dans une société. Parce que si on en arrive à une décision très extrême c’est parce qu’on doit arriver des raisons très objectives et très sérieuses. Donc nous ne pouvons, en tant qu’acteur de la justice, bien qu’étant un segment très important qui veille à la défense des droits individus, que s’y plier », soutient-il.

Pour l’avocat et défenseur des droits humains, « si on sacrifie un droit fondamental pour la préservation d’un droit qui doit être nettement beaucoup supérieur et je pense au droit à la santé, au droit à la vie ».

Me Amadou Aly Kane plaide pour des ajustements

Pour sa part, Me Amadou Aly Kane salue le principe de la décision mais, il estime qu’il faut un tri pour voir les audiences qu’on doit suspendre. Autrement dit, il pense qu’il faut des mesures d’accompagnement pour éviter le bon fonctionnement de la justice. « Il faudrait des mesures d’accompagnement par rapport aux personnes qui sont privées de liberté. Il appartient aux chefs de juridictions de réfléchir sur les modalités pour assurer la continuité du service de la justice notamment dans les affaires urgentes. On ne peut pas prendre une mesure uniforme pour toutes les audiences parce qu’il y a des affaires urgentes. Il y a les auditions en cabinet d’instruction, les appels devant la chambre d’accusation. Il y aura des ajustements à faire », plaide l’avocat.

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