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« LA JUSTICE NE CHERCHE NI À PLAIRE, NI À DÉPLAIRE »

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Yaham Lèye, magistrat et porte-parole du ministre de la Justice a animé, cet après-midi, un point de presse dans les locaux dudit ministère. C’est pour revenir sur les tensions politiques et le discrédit jeté sur la Justice en cette période préélectorale. Le magistrat a commencé par dire que : « malgré la survenance, par moments, de tensions politiques sporadiques, il est important de relever que le peuple sénégalais, et la classe politique, en particulier, ont toujours su surmonter les divergences de vues, pour préserver l’essentiel, à savoir, cette volonté de vie commune qui a été et qui doit demeurer l’essence et le ciment de notre Nation. L’État du Sénégal s’est ainsi illustré, et depuis longtemps, comme l’une des démocraties les plus inclusives, notamment par son attachement à la liberté d’association et d’expression érigée en droit fondamental par la Constitution, mais également son option assumée pour le pluralisme politique. », a-t-il déclaré.

Avant de poursuivre : « (…) la loi étant impersonnelle et générale, nul ne saurait s’en affranchir, pour quelque motif que ce soit, au risque de compromettre la paix et la concorde sociales ou de mettre en péril la vie d’honnêtes citoyens et la propriété d’autrui. Toute personne a le droit de contester une décision, qu’elle soit administrative ou judiciaire, et la loi a aménagé des procédures diverses et appropriées pour garantir à tout citoyen qui le souhaite, le recours à une juridiction ou autorité judiciaire indépendante ».

Face à la presse, Yakham Lèye, a ajouté que la Justice, à l’image des autres institutions Constitutionnelles, n’est pas épargnée par les coups de boutoir. Elle reste pourtant le gage d’une paix durable et d’un environnement socio-économique serein ; elle constitue le dernier rempart de l’État de droit, la gardienne des libertés. « Nul n’a intérêt à l’affaiblir, et tous devraient contribuer à la soutenir et la renforcer. Elle est l’incarnation de l’équilibre entre la puissance de l’État et l’exercice des libertés individuelles et collectives, mais aussi le garant de l’effectivité de la règle de droit et du respect, par chaque individu, des droits et de la propriété d’autrui », a-t-il dit. Avant de poursuivre : « la justice ne peut pas et ne doit pas être distribuée au gré de surenchères médiatico-politiques ou des besoins contingents de quelques personnes, quel que soit le bord où elles se situent. Elle doit demeurer intransigeante par rapport aux principes qui la gouvernent. Elle ne cherche ni à plaire, ni à déplaire et ne saurait non plus être intimidée ou distraite. L’obéissance à la loi et le respect de l’autorité de l’État sont des exigences aussi légitimes que l’est l’exercice des libertés et des droits fondamentaux ».

Cheikh Moussa SARR

24 juin 2022


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