IDRISS DEBY, PARCOURS D’UN CHEF DE GUERRE MORT AU FRONT

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TCHAD

« Idriss Deby vient de donner son dernier souffle en défendant l’intégrité territoriale sur le champ de bataille ! » La triste et inattendue nouvelle est annoncée par l’armée tchadienne.

Président en exercice depuis 30 ans, Idriss Déby, réélu pour un sixième mandat avec 79,32 % des suffrages exprimés lors de la présidentielle du 11 avril, n’aura pas eu l’occasion d’exercer ce mandat. Il est mort au lendemain de l’annonce de sa réélection.

Né le 18 juin 1952 à Berdoba (au sud-est de Fada). Il poursuit ses études dans cette localité. Le baccalauréat en poche, il opte pour le métier des armes et intègre, le 11 novembre 1975, l’école des officiers de Ndjamena. Malgré son jeune âge l’homme attire et impose le respect.

Brillant, ouvert d’esprit, il retient l’attention de ses encadreurs militaires grâce à sa carrure d’un vrai meneur d’homme. Certains de ses encadreurs voyaient déjà en lui l’homme qu’il fallait pour le Tchad.

En 1976, il obtient une licence de pilote professionnel en France (spécialité transport des troupes à l’Institut aéronautique Amaury de la Grange. Après ses études en France, il rentre au bercail. Guerrier tenace, il est dépeint comme un homme téméraire qui a le sens de l’anticipation. Le 12 février 1979, une guerre civile à Ndjamena. Le Tchad était divisé, morcelé. Idriss Deby collabore avec Hissène Habré. Ce dernier l’a nommé commandant en chef des Forces armées du nord (FAN).

Sa mission : déloger de la capitale les forces d’Union nationale du gouvernement de transition. Une mission qui a été difficile à atteindre. Il demande à ses forces de reculer pour mieux attaquer. Le 7 juin 1982, Hissène Habré prend le pouvoir. Il a pris le contrôle de Ndjamena avec Deby à ses côtés.

Promu colonel, Deby devient chef des armées adjoint en 1983. Il se rend en France en 1985 où il suit les cours de l’École de guerre interarmées. De retour au Tchad en 1986, il est nommé conseiller d’Habré pour la défense et la sécurité. En 1989, conseil à la défense et à la sécurité, Idriss Déby Itno rappelle à l’ordre Hissène Habré suite aux massacres de militaires. Il est en désaccord avec Hissène Habré Des bisbilles se sont éclatées entre les deux hommes et sur ces entrefaites, Idriss Deby a retourné dans la brousse pour créer son mouvement en vue de renverser le régime de Hissène Habré et de libérer les tchadiens de la « dictature ».

Le 2 décembre 1990, avec l’appui de la France, il chasse du pouvoir Hissène Habré et le remplace le 4 décembre avec le titre de président du Conseil d’État. Il est ensuite désigné président de la République du Tchad le 28 février 1991 après l’adoption de la Charte nationale. Il remporte les élections présidentielles de 1996, 2001, 2006, 2011, 2016 et 2021.

Le 30 janvier 2016 il est élu président de l’Union africaine pour un mandat d’un an. Une de ses premières priorités à la présidence de l’UA est l’accélération du combat contre Boko Haram. Le 4 mars 2016, l’Union africaine valide ainsi l’ajout de 10 000 troupes à la Force multinationale mixte (FMM) créée le 23 mai 2016 à N’Djaména. En août, l’Union européenne promet de verser 50 millions d’euros supplémentaires pour aider la FMM à combattre Boko Haram dans le Sahel. Ce 20 avril 2021, le maréchal Itno qui devait entamer son sixième mandat est mort, les armes à la main. Une fin tragique.

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